LA SAINTE TRINITE (B)

Publié le par Théophile Baye

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit



Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28, 16-20 

 

« AU NOM DU PÈRE, ET DU FILS, ET DU SAINT-ESPRIT »

INTRODUCTION

La fête de la Trinité se révèle parfois un casse-tête pour les homélistes et pour les fidèles qui les écoutent. Il n'est pas facile, en effet, de démontrer un « mystère », surtout quand on en retient la formule du petit catéchisme : « Un mystère est une vérité que je ne peux pas comprendre mais que je dois croire ». Nous n'essaierons donc pas de « comprendre » intellectuellement, avec notre tête, ce mystère. Nous essaierons plutôt de le saisir un peu comme un « mystère d'amour » c'est-à-dire que nous le regarderons avec l'intelligence de notre cœur.

1- Il n'y a qu'un seul Dieu

Au temps de Moïse, et plus largement du premier Testament, la croyance en plusieurs dieux était courante. Moïse lui-même venait de la civilisation égyptienne friande de dieux nombreux. C'est pourquoi le Libérateur du peuple d'Israël, sous l'inspiration du Dieu unique, s'efforcera de développer chez les Israélites la foi en un seul Dieu. À cet égard, l'épisode du veau d'or est significatif. Donc l'Ancien Testament ne s'emploie pas d'abord à parler d'un Dieu trine mais plutôt d'un Dieu unique.

Aujourd'hui, la croyance en plusieurs dieux est plutôt révolue. C'est plutôt, chez un certain nombre, la difficulté de croire en un seul Dieu et au Dieu de Jésus Christ qui est parfois en cause. Il existe, en effet, un monde d'incroyants, d'athées, etc., en tout cas de gens qui ne croient pas au Dieu de Jésus. Mais, ce qui existe encore plus, c'est le monde des indifférents face à Dieu : ils agissent, à toutes fins pratiques, comme si Dieu n'existait pas. Il ne les dérange pas du tout et ne les arrange pas davantage. Bref, Dieu, même s'ils y croient plus ou moins, n'est guère présent dans leur vie.

Et puis, il y a tous ceux, et nous en sommes peut-être un peu, qui, dans le concret de leur vie, adorent toutes sortes d'idoles qui, sans s'opposer au vrai Dieu unique, forment comme un écran face à lui : l'argent, le paraître, la domination sur les autres, le plaisir désordonné, l'ambition exagérée, etc.

2- Un mystère d'amour

« Dieu est amour », nous dit Jean dans sa première lettre. Il est d'abord amour à l'intérieur même de son être divin. C'est un peu comme une famille divine. L'amour, par sa nature, est appelé à se communiquer à d'autres. Il ne peut se vivre seul. L'amour divin, s'il se communique à nous, se communique d'abord aux personnes divines.

C'est le Nouveau Testament, notamment Jésus et ensuite les Apôtres comme Paul, qui nous ont révélé ce mystère d'amour. Comme c'est une réalité d'amour, elle ne se saisit qu'avec le cœur. Les familles qui sont heureuses, qui s'aiment, sont capables de se faire une idée de la Trinité : l'amour dans lequel elles baignent comme dans une atmosphère peut leur servir d'image de la famille divine : les trois Personnes divines se complaisent dans les relations d'amour qu'elles entretiennent entre elles.

Cette circulation d'amour à l'intérieur de la divinité se communique ensuite à nous qui méritons non seulement d'être appelés « enfants de Dieu » mais de l'être réellement au point de pouvoir « crier vers le Père en l'appelant : "Abba" ». En effet, l'amour, qui constitue l'essence même de Dieu, a voulu se répandre en nos cœurs notamment par l'envoi du Fils venu nous sauver et du Saint-Esprit venu nous éclairer et nous fortifier.

3- Pour nous aujourd'hui

D'abord la fête de la sainte Trinité nous permet de renouveler notre acte de foi au Dieu trinitaire. Nous le faisons chaque fois que nous nous marquons du signe de la croix. Nous le faisons également quand nous récitons le chapelet et qu'à la fin de chaque dizaine nous disons : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ». Nous affirmons également notre foi à la messe notamment dans le « Gloire à Dieu au plus haut des cieux » et dans le « Je crois en Dieu », qui sont des professions de foi trinitaires. Nous terminons également la messe par la bénédiction qui est, elle aussi, trinitaire. La fête d'aujourd'hui est une occasion toute particulière de renouveler notre foi à la Trinité très sainte.

Ensuite la fête de la Trinité nous permet de faire mémoire de notre propre baptême. Jésus envoie les Apôtres dans le monde et il leur demande de baptiser ses disciples « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Nous sommes réellement, et dès maintenant, les enfants chéris de Dieu, saint Paul, dans la deuxième lecture, et saint Jean, dans sa première lettre, l'affirment clairement. La fête d'aujourd'hui nous fournit l'occasion de rendre grâce au Seigneur pour ce don extraordinaire du baptême et pour cette « filiation » particulière qui existe entre Dieu et nous.

Enfin la fête de la Trinité peut être une occasion de rafraîchir notre dévotion au Dieu Trine. Nous prions Dieu le Père en particulier en disant le Notre Père, nous prions Dieu le Fils par diverses invocations et par diverses célébrations dans l'année, nous prions également l'Esprit Saint au moins de temps en temps.

Mais rien ne nous empêche de prier les trois personnes divines ensemble. Ce serait effectivement une belle habitude à prendre que de le faire non seulement en invoquant Dieu comme tel mais directement la Trinité ou chacune des personnes bien nommées dans notre prière.

Cela pour notre foi et notre prière. Il peut être bon, également, en écho à la première lecture et au rappel de Moïse au peuple d'Israël, de situer ou de resituer véritablement la place de Dieu dans notre vie. Y est-il bien présent ou seulement le dimanche ou de temps en temps? Y pensons-nous régulièrement ou bien est-il devenu indifférent pour nous ou encore un illustre inconnu? Et puis, sur le plan de notre conduite morale, Dieu occupe-t-il la première place ou lui substituons-nous parfois d'autres idoles que nous « vénérons » peut-être un peu trop?

CONCLUSION

Quand Jésus a révélé à ses disciples que le Père et lui étaient « un » et que qui le connaissait, connaissait aussi le Père, cela a pu paraître difficile à comprendre. Quand Jésus a promis d'envoyer l'Esprit à ses Apôtres comme un Défenseur et une Force et que cette promesse s'est réalisée notamment à la Pentecôte, il n'a pas fait que les rassurer et les consoler. Jésus leur a révélé le plus grand secret qui habitait son cœur et qui est l'essence même du cœur de Dieu : Dieu n'est pas seulement unique, il existe en trois personnes qui s'aiment profondément. Et cet amour, qui circule au plus intime de Dieu lui-même, il est venu le donner à l'humanité entière.

Si la Trinité est une vérité de foi, elle est aussi et surtout une vérité d'amour.

Père Théo. BAYE !

 

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