Samedi 29 septembre 2007

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 19-31 

 

VINGT-SIXIEME DIMANCHE ORDINAIRE (C)

C'est un scandale !

" Des milliards d'hommes vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté (quelle expression !). C'est une injustice. Cela mène à la révolte, à la haine, ou tout au moins à un profond sentiment de frustration ". Ainsi s'exprimait, dimanche dernier, le prédicateur de la messe télévisée. Nous étions au lendemain de l'anniversaire des attentats du 11 septembre. Jésus, dans cette parabole, nous dit un peu la même chose. Il ne nous dit pas si le pauvre Lazare a éprouvé des sentiments de haine ou de révolte en face du riche. Il nous dit simplement que Lazare " aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche, mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses ulcères. "

Étonnante, et même scandaleuse à plus d'un titre, cette parabole du riche (Jésus ne dit jamais que c'est un mauvais riche) et de Lazare. Au fond, il n'a fait de mal à personne, le riche sans nom que la parabole condamne. Il s'habillait bien et faisait bonne chère. C'était son droit. Il était riche. Sans compter qu'il faisait marcher le commerce, avec ses dépenses. Cela avait des répercussions bénéfiques pour l'emploi. Pourquoi Jésus lui consacre-t-il donc une de ses paraboles les plus dures, la plus inquiétante peut-être ? Par contre, Jésus ne nous dit pas pourquoi Lazare était réduit à la misère. Peut-être, après tout, était-ce sa faute ! Cela ne change rien à l'affaire. Le pauvre est deux fois pauvre quand il en est là par manque de courage ou d'intelligence, ou de volonté. Ce n'est pas cela qui importe. Pour Jésus, c'est lui qui est le plus important.

Ce pauvre, en effet, est le seul personnage de toutes les paraboles de Jésus qui porte un nom propre : Lazare. Ceux que l'on considère comme les plus minables, les plus insignifiants sont tout de même quelqu'un. Dans les camps de concentration, les détenus perdaient leur nom et s'identifiaient par un numéro. Ici, retournement de situation, c'est le riche qui n'a pas de nom.

Histoire simpliste ?

Un peu simpliste quand même, cette histoire. On en trouve de semblables dans toutes les littératures de l'antiquité. Toujours deux tableaux. Premier tableau : sur cette terre, un homme riche et heureux. Il s'est créé son paradis sur terre. Et un pauvre malheureux, à qui personne ne vient en aide. Pour lui, la vie est un enfer. Deuxième tableau : renversement de situation. Le riche est en enfer, tandis que le pauvre connaît le bonheur éternel. Histoire simpliste et révoltante. Alors, si je suis heureux sur cette terre, si je profite simplement des fruits de mon travail ou de l'héritage de ceux qui ont vécu avant moi, je serai puni éternellement ? Là, je ne marche pas.

Essayons de comprendre. Le riche n'est pas jugé et condamné parce qu'il est riche, mais parce qu'il ne voit pas le pauvre à sa porte, parce qu'il l'ignore, parce qu'il est muré dans son bien-être égoïste. Ce qui est condamné, c'est l'indifférence. Lazare parmi les chiens, " couché devant le portail ", c'est-à-dire exclu de la fête, le riche dans la maison, à la table du festin : deux mondes qui ne se rencontrent pas, séparés par le " grand abîme " que seul le riche pourrait franchir pour restaurer la fraternité des enfants d'Abraham. Mais voilà ! Il ne l'a pas franchi sur la terre, il ne pourra jamais le franchir. Ce grand abîme, c'est lui, le riche, qui l'a créé. Tout ce qu'il possède, il l'a reçu (ou gagné), mais il le retient pour lui uniquement. " Chacun pour soi ", n'est-ce pas ! Un pauvre à sa porte, oui, et alors ?

Lazare, image de Dieu.

Oui, mais voilà que, pour le Christ, ce pauvre n'est pas un anonyme. C'est Lazare. Ce mendiant à la porte, c'est l'image de Dieu. Qui méprise un homme les méprise tous et méprise Dieu. " C'est à moi que vous l'avez fait…C'est à moi que nous ne l'avez pas fait ", nous dira Jésus au jour du Jugement. Certes, nous sommes très ingénieux pour trouver des alibis à notre inertie. Devant la misère du monde, on se déclare bien vite impuissants. Et pendant ce temps-là, on voit à la télé, on entend à la radio des hommes, des femmes, membres d'ONG, qui pleurent parce qu'ils ne peuvent plus faire tout ce qu'ils avaient commencé de faire pour les malheureux habitants du Darfour menacés de famine.

Faut-il préciser que cette parabole, comme d'ailleurs le texte d'Amos que nous lisons aujourd'hui, nous révèle un drame que nous vivons aujourd'hui. Elle ne nous parle pas d'exploitation, de cruauté, de déni de justice, mais simplement d'ignorance volontaire. Oui, volontaire, car qui d'entre nous ne regarde pas chaque jour sa télé, n'écoute pas sa radio ? A l'abri dans notre confort, même relatif, nous laissons les pauvres avoir faim à nos portes, les pays pauvres avoir faim à la porte de nos pays développés. Comme si ce n'était pas notre affaire ! Ne dites pas " Je ne savais pas ". Vous auriez dû savoir, nous dit Jésus.

Ce n'est pas facultatif.

C'est précisément ce que les spécialistes appellent la " pointe " de la parabole. Même si ce n'est pas toujours facile d'aller au secours des personnes en détresse, Jésus nous rappelle que " Moïse et les Prophètes ", c'est-à-dire l'Écriture, sont là pour nous faire comprendre que ce n'est pas facultatif, que notre valeur humaine est en jeu, que nous ne pouvons être fils de Dieu autrement. Lui, le Fils par excellence, nous montre le chemin : " De riche qu'il était, il s'est fait pauvre pour vous, afin de vous enrichir de sa pauvreté " déclare saint Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens (8, 9). Le riche de notre parabole a manqué le Christ parce qu'il a manqué le pauvre. Les " bénis du Père " de Matthieu 25 ont, sans le savoir, rencontré le Christ en rencontrant les pauvres. Avertis, nous le sommes, mais, dit Jésus " quelqu'un pourra bien ressusciter des morts, ils ne seront pas convaincus ". La parole du Christ ressuscité a-t-elle vraiment pénétré en nous ? Attention ! nous risquons de rater la seule vraie richesse : la richesse en humanité qui s'avère être aussi richesse en divinité.

 

Père Théo. BAYE !

 

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Vendredi 21 septembre 2007

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 1-13 

 

Des gérants qui gaspillent

 

 

 

Je suis, vous êtes, nous sommes tous des gérants, et des gérants qui gaspillent. Nous sommes des gérants : il ne faut pas croire que nous sommes maîtres et propriétaires absolus de ce que nous possédons. C’est contraire à toute la pensée de la Bible , à la pensée du Christ surtout. C’est contraire à la première page de la Bible , où Dieu confie à l’homme une gérance, la gérance, la gestion de la terre, et de tous les biens, de toutes les richesses de la terre. Nous ne sommes pas des propriétaires absolus. Ni de notre maison (nous n’avons pas le droit d’y mettre le feu), ni de notre auto (nous n’avons pas le droit de la jeter volontairement contre un platane). Je dois des comptes. C’est ce que le Christ appelle dans ce passage d’évangile des « biens étrangers », c’est-à-dire qui ne nous appartiennent pas d’une façon exclusive.

 

 

 

Je suis, nous sommes des gérants qui gaspillons. C’est une banalité de le dire de nos jours. J’ai une vieille auto : elle se délabre. C’est normal, allez-vous me dire. Elle n’est pas faite pour durer. Vous, mesdames, si vous avez une machine à laver qui a treize ans et qui tombe en panne, allez chercher une pièce de rechange ! Le vendeur vous dira, comme si c’était une évidence, qu’il y a longtemps qu’on ne fabrique plus ce modèle. C’est fait pour être changé ! Il y a ainsi quantité de produits que nous gaspillons, depuis les « emballages perdus » jusqu’aux rasoirs jetables. Nous vivons dans une société de gaspillage et nous en prenons les habitudes. Regardez comment nous gaspillons la nourriture. Je pense, en disant cela, à un paroissien qui relevait les poubelles dans les blocs et qui était constamment scandalisé en voyant tout ce qu’on jetait : non seulement du pain, mais des poulets entiers ! C’est également une banalité de dire qu’avec les poubelles de New-York, on nourrirait une ville comme Paris ; et avec les poubelles de Paris, on pourrait nourrir, parait-il, tout un Etat de l’Inde. On gaspille. Les enfants aussi gaspillent. Je voyais dernièrement une maman qui me disait, parlant de son fils : « C’est incroyable ! Je lui ai acheté des feutres neufs à la rentrée, il n’y en a déjà plus ! » Chaque année, on est obligé de racheter du neuf à la rentrée.

 

 

 

On vous demandera des comptes

 

 

 

Or, voilà que le Christ nous dit aujourd’hui : « Attention ! Aujourd’hui vous gaspillez : un jour on vous demandera des comptes ». Cette parole, cet appel, nous l’entendrons... ou peut-être l’avons-nous déjà entendu. A l’occasion d’une maladie ou d’une épreuve quelconque. C’est la vieillesse, ou une situation d’insécurité : il y a un appel. Alors, on se met à réfléchir et à se dire : « Que se passe-t-il ? Tout ce que je possède, quel usage en fais-je ? Est-ce que je m’en considère comme le propriétaire absolu, ou au contraire comme un gérant. Mon auto, ma maison, ma cave, tout... à quoi ça me sert ?

 

 

 

Nous avons un délai, pour mettre en ordre nos affaires. Jésus nous dit : « Soyez aussi astucieux que le gérant malhonnête de mon histoire. Faites vite. Faites vite et bien ». Il faut donc, aujourd’hui, nous interroger sur notre aptitude à nous considérer comme de bons gestionnaires de nos biens. De notre argent d’abord. Qu’est-ce que l’argent ? Du travail transformé. Fruit de votre travail ? Oui, mais pour une part seulement. Je cite souvent la traduction de la Bible de Jérusalem, à propos du « Mammon d’iniquité ». Le traducteur a écrit : « Le malhonnête argent », et il a ajouté en note : « Le vôtre, évidemment. Car à l’origine de presque toutes les fortunes, il y a quelque malhonnêteté ».

 

 

 

A quoi ça sert ?

 

 

 

Nous le savons, au moins confusément. Notre richesse, à nous, gens des pays industrialisés, a dépendu longtemps de l’exploitation des pays pauvres, ne serait-ce que pour la fixation des cours des matières premières. En ce sens-là, on peut dire que nous nous sommes enrichis en appauvrissant d’autres peuples. Voyez comment, aujourd’hui, l’économisme (c’est-à-dire la dimension énorme prise par l’argent parmi toutes les valeurs du monde), tient une place incroyable, et d’abord dans l’information. Chacun s’intéresse au cours du dollar. Autrefois, il n’en était pas ainsi. Bref, il est nécessaire de nous reposer la question : «  Tout ce que je possède, à quoi ça sert ? » Cela pour servir, effectivement, à opprimer, à dominer, à me couper des autres. Une forme de la gestion de la richesse aboutit à créer un plus grand fossé entre les riches et les pauvres. Ou alors, si nous suivons le conseil du Christ, l’argent peut nous servir, non plus à nous couper, mais à entrer en relation avec les autres.

 

 

 

Bon gestionnaire ou profiteur ?

 

 

 

Quel usage faisons-nous de ce que nous possédons ? Des questions très simples se posent à chacun de nous. Mon auto, me sert-elle uniquement à moi, ou sert-elle à rendre service aux autres, y compris aux auto-stoppeurs ? Et ma maison ? Est-elle uniquement un refuge, une forteresse, ou une maison accueillante ? Notre communauté paroissiale, est-elle suffisamment consciente, dans la gestion des biens matériels, qu’elle se doit d’être gestionnaire, et non pas propriétaire absolue des biens paroissiaux ? Ah, si on pouvait, dans notre monde, réapprendre le sens de l’argent comme moyen d’entrer en relation avec les frères. Comme moyen de faire une terre plus heureuse, un monde plus habitable. Voilà quelques réflexions. A vous de continuer votre réflexion personnelle et de vous laisser interroger par le Christ, dans cette histoire de l’intendant malhonnête. Bon gestionnaire ? Ou profiteur ?

 

Père Théo. BAYE !

 

 

 

 

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Vendredi 14 septembre 2007

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1...32 

 

LE MERVEILLEUX AMOUR DU SEIGNEUR

 

INTRODUCTION

La Parole de Dieu de ce dimanche nous invite à réfléchir sur notre péché mais surtout sur l'immense amour de miséricorde du Seigneur.

 

RÉFLEXION POUR L'HOMÉLIE

1- La réalité du péché

Les textes de la messe de ce dimanche sont tout imprégnés de cette réalité du péché. La première lecture nous met en présence d'un peuple idolâtre qui sacrifie à des dieux qui ne sont pas le vrai Dieu. Le psaume nous rappelle la très belle prière de David cet hypocrite, cet adultère, cet homicide. La deuxième lecture nous fait faire connaissance avec l'apôtre Paul qui s'avoue lui-même pécheur devant son jeune disciple Timothée : « Autrefois je ne savais que blasphémer, persécuter, insulter... Moi, le premier, je suis pécheur. » Et l'évangile, particulièrement par cette merveilleuse parabole du fils perdu et retrouvé, nous montre également un homme perclus de péché.

Nous-mêmes, nous n'échappons pas à cette réalité du péché dans nos vies. Nous n'avons qu'à regarder notre journée d'hier! Qui parmi nous peut se vanter d'être sans péché, de ne pas pécher? Nous sommes tous pécheurs, que nos péchés soient connus uniquement de nous ou de tous, qu'ils soient petits ou gros, qu'ils soient de faiblesse et de malice. Et, même si nous faisons bien des efforts pour pécher le moins possible, nous péchons quand même toujours trop. Il faut le dire et le reconnaître humblement : notre condition sur terre est d'être des pécheurs.

 

2- Le pardon divin

Mais la constatation de notre état de pécheurs ne doit pas nous plonger dans la désespérance, bien au contraire. Car il y a le pardon de Dieu qui nous est aussi disponible que l'eau de la source, que la lumière du soleil, et encore bien plus.

Dieu, qui voit l'idolâtrie de son peuple, se laisse attendrir par la prière de ce grand intercesseur qu'est Moïse et il pardonne. Dieu ne peut résister non plus à la prière humble et sincère du grand pécheur que fut David : il lui pardonne ses fautes. Dieu choisit même un pécheur, Saul, pour en faire son apôtre des nations : il lui pardonne son acharnement contre les chrétiens.

Dieu est un père bienveillant et bienfaisant pour nous. Son amour est toujours plus fort que nos fautes. Les trois paraboles de la miséricorde, si bien décrites par l'évangéliste Luc, nous le montrent clairement. Au temps de Jésus, de par la loi de Moïse, on devait se tenir éloigné des pécheurs publics (adultères, fraudeurs, voleurs, bandits, etc.) C'est pourquoi les gens, surtout les pharisiens, les scribes et les prêtres, comprenaient mal que Jésus se tienne avec eux, comme le rapporte le début de l'évangile d'aujourd'hui. Jésus ne se tient pas avec les pécheurs pour provoquer les gens qui passent pour « corrects » ou se croient « corrects », pour les scandaliser. Jésus ne se tient pas avec eux non plus pour approuver leur mauvaise conduite. Il se tient avec eux pour qu'ils se repentent de leurs fautes et qu'ils puissent accueillir le pardon merveilleux du Seigneur.

Dieu a une obsession immense de ce qui est perdu et il se lance à sa recherche avec toute la puissance de son amour. Ce fils, perdu dans le dévergondage et dans le gaspillage, c'est un enfant de Dieu, aimé de lui. C'est pourquoi Dieu l'accueille les bras et le cœur grands ouverts, lui pardonne de tout son être et fait la fête avec lui et toute sa maison. Cette brebis qui s'est perdue, par erreur ou par sa faute, le berger se lance à sa recherche « jusqu'à ce qu'il la retrouve. » La femme fait de même pour sa pièce de monnaie perdue.

Récemment nous avons tous appris la disparition de cette petite fille de dix ans de la région de Trois-Rivières. Cette disparition a déclenché tout un mouvement non seulement de sympathie et de compassion mais aussi de recherche pour la retrouver. Cette petite fille, innocente, personne ne pouvait la laisser perdue. Eh bien, pour le Seigneur, nous sommes tous plus ou moins perdus : c'est pourquoi il se lance à notre recherche « jusqu'à ce qu'il nous retrouve ». Et, si nous décidons nous-mêmes de revenir à lui comme ce fils prodigue, bien loin de nous repousser, il nous accueille, nous embrasse, nous pardonne quelles que soient la couleur ou la grosseur de nos fautes. Cela, nous ne devrions jamais l'oublier : l'amour du Seigneur sera toujours plus grand que toutes nos fautes, la joie qu'a le Seigneur de nous pardonner sera toujours plus grande que la peine que nous lui aurons faite en l'offensant. Affirmer cela, ce n'est pas nous encourager à pécher. C'est, d'une part, nous encourager à revenir au Seigneur et, d'autre part, nous émerveiller du pardon toujours disponible du Seigneur.

 

3- Notre vraie condition de chrétiens : être des pécheurs pardonnés

Nous disions plus haut que notre condition sur la terre, c'est d'être des pécheurs et ce n'est que trop vrai, notre vie de tous les jours nous le confirme cruellement. Mais notre condition normale de chrétiens, c'est d'être des pécheurs toujours en instance de pardon et effectivement pardonnés.

Le Seigneur tient tellement à nous donner son pardon qu'il a mis à notre disposition plusieurs « chemins de pardon », afin que le grand fleuve de sa miséricorde coule abondamment sur les pauvres pécheurs que nous sommes et qui se repentent de leurs fautes. Si le sacrement de la réconciliation, individuelle ou collective, est le chemin habituel, directement ordonné au pardon de Dieu, saint Pierre n'hésite pas à dire que « la charité couvre une multitude de péchés » (1 Pierre 4, 8) et l'évangéliste Matthieu montre bien que la charité exercée envers les mal pris de ce monde, en qui on reconnaît le Christ lui-même, ne donne rien de moins que le Royaume du ciel (Matthieu 25, 31-40). La tradition chrétienne nous dit également qu'un acte de contrition parfaite, c'est-à-dire un acte de regret sincère de nos fautes parce que nous avons blessé l'amour du Seigneur pour nous et que nous l'aimons malgré tout par-dessus tout, nous donne le pardon de Dieu, confirmé par la suite par le sacrement du pardon. Le grand saint Thomas, contemplant le « sacrement de la nouvelle et éternelle alliance du sang versé pour la multitude en rémission des péchés » (paroles de la consécration), dit que « l'eucharistie efface les péchés » (lecture de l'Office de la fête du St-Sacrement)? Et l'apôtre saint Jacques a un enseignement plein d'espérance pour les malades : « Si quelqu'un parmi vous est malade, qu'il appelle les prêtres de l'Église et qu'ils prient sur lui après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le relèvera. Et, s'il a commis des péchés, ils lui seront remis »? Dieu veut tellement nous pardonner nos fautes qu'il met tout en branle pour nous exciter au repentir et nous faciliter ce pardon. Ne nous en privons surtout pas.

 

CONCLUSION

Dieu aura toujours plus de capacité de nous pardonner que nous en avons de pécher, c'est là la marque de son grand amour pour nous. Il sait que nous sommes faibles et que nous tombons souvent. Mais son amour pour nous est celui d'un père qui ne veut pas nous perdre et qui fait tout ce qu'il peut pour nous garder près de lui, pour nous pardonner. Elle est grande la miséricordieuse tendresse du Seigneur. Ne manquons pas de nous en réjouir et d'en profiter!

 

Père Théo. BAYE !

   

 

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Samedi 8 septembre 2007

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 14, 25-33 

 

Attention : danger !

 

            Il est toujours dangereux de faire des coupures dans les textes évangéliques qui sont proposés chaque dimanche à notre réflexion. Ainsi aujourd’hui, je me demande pourquoi on a enlevé les deux versets qui terminent les propos de Jésus et qui sont une conclusion de ses mises en demeure, à la fin du chapitre quatorze. Je vous les lis : « Le sel est bon. Mais si le sel est insipide, avec quoi lui donnerait-on du goût ? Il ne convient ni à la terre ni au fumier. On le jette. Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. »  Bonne conclusion, à mon avis, de l’invitation pressante que nous adresse le Christ à faire dans notre vie les choix qui s’imposent. Si nous ne faisons pas ces choix, nous serons un « sel insipide », et vous savez combien un régime sans sel est désagréable. Jésus nous invite, littéralement, à donner du goût à la vie. A notre propre vie et à celle de notre monde.

Mis au pied du mur

 

            Commençons donc, selon son conseil, par nous asseoir, afin de mesurer l’enjeu et de calculer le prix à payer pour l’atteindre. Il s’agit, nous dit-il, de réfléchir pour savoir si nous voulons marcher avec lui. Donc, pour faire le choix nécessaire, pour ou contre lui. Un choix radical, qui, comme tout choix, exige des sacrifices, des renoncements. Cela peut nous paraître choquant, tant nous sommes habitués, en matière de religion, à « ménager la chèvre et le chou. » En effet, nous avons hérité d’une religion, peut-être sans aucune démarche personnelle. On nous a fait baptiser, quand nous étions tout petits, puis, dans le meilleur des cas,  nos parents nous ont appris à prier, nous ont envoyés au catéchisme et nous ont donné des habitudes, en espérant que nous serions fidèles à cette transmission, à cette tradition, de père en fils, et cela depuis des générations. Je suis catholique, ou protestant, ou orthodoxe, parce que mes parents l’étaient, c’est tout ! Je ne crois pas caricaturer la réalité en vous disant cela. Alors, on suit Jésus, comme les « grandes foules » qui le suivaient sur la route de Jérusalem. On le suit, mais peut-être sans avoir adopté sa façon de voir les choses, de vivre sa vie, de se faire serviteur de la vie des autres jusqu’à donner la sienne. On suit, peut-être, mais seulement jusqu’au moment où cela risque de nous faire perdre quelque chose d’essentiel. Pour le moment, on ne tient à lui que pour l’intérêt que nous en retirons, pour ce que nous y gagnons. Jésus va nous mettre au pied du mur. « Celui qui veut être mon disciples, celui qui veut bâtir une tour, celui qui veut partir en guerre... » Jésus ne s’impose pas. A chacun de décider. Tant mieux donc si, aujourd’hui, les propos du Christ trouvent un écho en nous et nous invitent à faire enfin les choix personnels qu’il juge indispensables.

Préférence absolue

 

            Quels choix ? Un renoncement radical. Une préférence absolue. Vous avez bien entendu : le préférer, lui, à ses parents, à sa femme, à ses enfants, à sa famille. Et encore : la traduction française, bien qu’exacte, ne rend pas exactement le propos abrupt des mots grecs, qui disent : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr, etc... » Et cela va bien plus loin, même, que cette préférence qui rabaisse nos liens familiaux à un degré inférieur. Jésus nous indique que, si nous voulons être ses disciples, il faut le préférer même à notre propre vie. Il sait pourtant bien nos pesanteurs, et cependant il nous dit ces paroles impossibles. Cette page d’évangile est plus que troublante : elle peut nous paraître scandaleuse. Inhumaine. Car enfin c’est un bonne chose que l’amour d’un homme et d’une femme, et c’est une bonne chose qu’une famille où l’on s’entend bien, où l’on respecte et où l’on aime vraiment ses parents !

            Ce serait impossible à accepter si le Christ n’avait pas ajouté, à la liste de ceux à qui il faut le préférer, « notre propre vie ». Là, nous pouvons comprendre qu’il nous faut changer de plan, et nous pouvons même entrevoir que préférer le Christ peut être le meilleur moyen d’aimer vraiment nos proches. Car il y a amour et amour. Et on met tout et n’importe quoi sous ce mot. Que de personnes qui disent « J’aime ma femme », « J’aime mon mari » et qui n’expriment qu’une entière volonté de possession de l’autre. Et alors, « j’aime Untel » ne signifie plus que « je m’aime moi-même ». C’est nous-mêmes que nous aimons et l’autre n’est qu’un moyen pour notre propre culte. Amour qui ne fait pas confiance à l’autre, qui n’ose pas tout lui demander pour qu’il se dépasse, pour qu’il vive davantage. Or Jésus, parlant de lui, nous dit qu’il est « le chemin, la vérité, la vie ». Il ne s’agit donc pas de choisir entre le Christ et ceux que nous aimons. Il s’agit de choisir entre un amour vrai et un faux amour. L’amour vrai, c’est Dieu.

Le beau risque de la foi

 

            Seulement voilà : l’amour authentique, ça coûte. Il s’agit de renoncer à faire de notre propre vie, de nos satisfactions immédiates, de notre bonheur, des idoles. Il s’agit, par nos choix, d’accepter de perdre, jusqu’à la vie. C’est ce que fait le Christ. Et par là, nous allons enfin apprendre qui est Dieu. Une seule définition : Dieu est amour.

Qui veut me suivre ? Ne faisons pas une lecture littérale des propos du Christ. Il nous faut pratiquer un certain discernement. Choisir le Christ, ce n’est pas choisir la pauvreté, mais le partage ; pas la rupture avec ses attaches, mais une priorité donnée au Christ. Il s’agit de découvrir le chemin, de l’inventer, chacun de nous à sa manière et à son rythme. Nous sommes appelés à choisir. A nous de réfléchir et de voir si nous sommes prêts à payer le prix. Or ce choix, nous ne le faisons jamais franchement, tant nous avons peur de perdre, de nous perdre. Et cela parce que nous ne faisons pas assez confiance à Dieu, à sa Parole. Et pourtant, c'est cela, croire : faire confiance, et engager sa vie sur une parole entendue, tout miser sur le Christ. Il y a un risque à courir, un saut à accomplir. C’est le beau risque de la Foi. De nos jours, on ne naît plus chrétien : on choisit de l’être. Tant mieux. Encore faut-il savoir où cela nous mène. La foi chrétienne est le lieu majeur où se joue notre liberté. Par une subversion de ce que notre monde appelle les « valeurs ». Ne restons pas dans l’illusion Prenons conscience de notre vrai désir. C’est ainsi que nous donnerons vraiment du goût à notre propre vie et toute sa saveur à la vie de notre monde.

Père Théo. BAYE !

 

 

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Samedi 1 septembre 2007

Très chers lecteurs!

Je suis de retour de l'Espagne depuis hier. Tout s'est bien passé. J'ai encore appris un peu plus d'espagnol et de catalan. J'ai profité aussi pour découvrir d'autres villes de l'Espagne. Maintenant, c'est la reprsise d'une autre année et je profite de cette occasion aussi pour souhaiter une bonne année.

En avant! Cordialement, Père Théo. BAYE!

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