Vendredi 16 mai 2008

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 16-18

Imaginons !

J’ai reçu cette semaine un e-mail : « Bonjour, pourriez-vous me donner quelques images sur Dieu. Merci », me demandait une sympathique correspondante inconnue de moi. La demande m’a laissé perplexe. Quelques images sur Dieu ? S’agit-il d’images pieuses comme on en trouve encore parfois, de plus en plus rarement, Dieu merci ? Ou s’agit-il d’images qu’on a dans la tête quand on « imagine » - justement ! – Dieu. Par exemple quand on dit que Dieu est Père ? J’ai donc répondu : « Je ne comprends pas bien votre demande. Des images sur Dieu, je n'en connais pas. La Bible dit que "de Dieu on ne doit pas faire d'images". Par contre, des images de Jésus, il y en a beaucoup. Car il est lui-même "image visible du Dieu invisible". Réponse immédiate d’Eliza : « C’est mon maître de religion qui me la demande. J’ai 10 ans Je pourrais en avoir plus? Merci. » Il doit s’agir d’un bon catéchisme.

            Depuis qu’il y a des hommes, tous se sont demandés, un jour ou l'autre   « Qui est Dieu ? ». Et tous se sont fait des images de Dieu. Pas seulement ces images interdites par la Bible, ces idoles de bois, de métal ou de pierre, pour lesquelles on a construit les temples les plus beaux, mais des images dans leur tête, en fonction de leur civilisation, de leur culture, de l’époque où ils vivaient. Et l’imagination humaine a toujours été féconde en ce domaine. La plupart du temps, les hommes ont donc attribué à la divinité des qualités ou des défauts qui étaient ceux des hommes de leur temps, en attribuant à ces qualités – ou à ces défauts - un très fort coefficient d’absolu. Rappelez-vous la boutade de Voltaire : « Dieu a fait l’homme à son image ; mais l’homme le lui a bien rendu. »

 

Des mots

            Ne soyons pas trop idéalistes ! Même si « de Dieu on ne peut rien dire » - c’est le sens étymologique du mot « ineffable » - on sait bien que nos esprits humains sont ainsi faits qu’ils chercheront toujours à se l’imaginer. La religion juive avait même interdit de prononcer le nom de Yahvé, pour ne pas en corrompre la représentation, ce qui n’empêche pas la Bible d’employer quantité d’adjectifs pour le désigner. Il est l’Éternel, le Très-Haut, le Rocher, le Tout-Puissant, etc. Toutes ces images disent un peu qui est Dieu. De même, quand les textes bibliques décrivent l’action divine, ils le font en termes très imagés. Pour ne prendre qu’un exemple, au livre de la Genèse, on nous présente Dieu jouant dans le sable, ou plutôt l’argile, au matin de la création, et formant de ses mains le corps d’un être humain. Et cette statue lui plut tellement qu’il souffla dans ses narines son propre souffle de vie pour en faire un être vivant.

            Yahvé lui-même, quand il se présente à Moïse, sur la montagne du Sinaï, se dit avec des mots humains, qui désignent des réalités très humaines. Vous avez entendu : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. » Pour qui sait l’hébreu – ce n’est pas mon cas, hélas – tous ces mots décrivent concrètement des sentiments et des attitudes propres à l’expérience humaine. Un simple exemple : le mot « tendre », en hébreu, évoque le sein maternel. Dieu est tendre comme une maman qui allaite son bébé.

 

L'image du Père

 

Mais ce ne sont là que des images. Et il y a toujours loin de la photo d’une personne à la réalité de cette personne, vous le savez bien. C’est pourquoi Dieu a voulu se révéler – se dévoiler – et dire un peu plus qui il est. C’est pourquoi il a pris visage humain en la personne de Jésus. Il a fallu qu’il devienne visible. Image parfaite de Dieu, Jésus est tellement homme (comme Dieu a rêvé l’Homme) qu’il en est Dieu. Car, ne l’oublions pas, « Dieu a fait l’homme à son image », même si le péché défigure souvent cette image. En Jésus, par contre, l’image n’a plus aucun défaut. Parfaitement Dieu et parfaitement homme, il a vécu à la manière humaine tout ce que Dieu est. Il nous a révélé par toute son existence la richesse de la relation, la capacité d’aimer que Dieu est. A Philippe qui lui demande « Montre-nous le Père et cela suffit », Jésus répond : « Qui me voit, voit le Père. »

Jésus ne se contente pas de nous révéler dans ses actes et par toutes ses attitudes qui est ce Dieu qu’il appelle « papa » (abba). Il explique longuement à ses amis quelle est sa relation avec Dieu. Dieu, son Père, et lui, le Fils, ne font qu’un. Ils sont unis par un mystère d’amour que Jésus appelle l’Esprit. Par des images, il nous décrit un peu la richesse de la vie affective de Dieu. Mais il nous laisse entrevoir, en même temps, que Dieu est infiniment plus grand, plus riche et plus beau que tout ce qu’on peut en dire.

Dieu est relation

Il n’y a qu’un mot qui puisse approcher d’un peu près la réalité du mystère de Dieu. Jean l’évangéliste l’utilise en une formule très brève : « Dieu est amour. » Je crois qu’il aurait fallu en rester là : tous ceux qui font une quelconque expérience de l’amour humain – si cet amour est vrai – sont sur le chemin de la vraie connaissance de Dieu. « Celui qui aime connaît Dieu », écrit le même saint Jean. Seulement voilà ! On a voulu en dire davantage, du mystère de Dieu. On s’est mis à parler de Trinité. Et on l’a fait à partir de divers systèmes philosophiques qui avaient cours à certaines époques de l’histoire de l’Église. Les théologiens ont utilisé les notions de personne, de nature, de relation, et ont inventé un langage de plus en plus compliqué pour creuser le mystère de Dieu. On a parlé de « circumincession », on s’est mis à batailler autour des mots, comme les théologiens savent le faire, et on a inventé quantité d’hérésies. Et on a procédé à des excommunications. N’oublions pas que nous sommes divisés depuis un millénaire, nous catholiques, d’avec les orthodoxes à cause d’un simple mot latin : « filioque », parce que nous professons que le Saint-Esprit « procède » du Père et du Fils, alors que pour les orthodoxes, le Saint-Esprit procède du Père par le Fils. A la fin du compte, toutes ces querelles de mots ne disent rien de plus que ce que Jean avait dit en trois mots : « Dieu est amour. »

Je vais tout de même apporter un bémol à ce que je viens de déclarer. Il y a, dans la Somme de saint Thomas d’Aquin, une expression qui me plaît et qui, je crois, peut nous permettre d’entrer un peu plus dans le mystère divin. L’expression, la voici : « Dieu est relations subsistantes ». L’appellation peut vous paraître abstraite et compliquée. En fait, elle est géniale : elle dit que ce qui fait que Dieu est Dieu, c’est la relation. Dieu n’est que relation. Le Père n’existe que par sa paternité ; la relation se confond avec l’existence. C’est par elle qu’il « subsiste ». Il en est de même du Fils et de l’Esprit. Rien, dans le Père, le Fils et l’Esprit qui ne soit relation. Dieu est l’Unique, certes, mais pas au sens où l’entendent les fidèles de certaines religions : le voir comme un « solitaire », c’est une régression. Dieu n’est pas « solitude », mais « société ».

Remarquez que, pour nous aussi, il en va de même. Et c’est peut-être en cela que nous sommes créés à l’image du Dieu Trinité : nous n’existons que par et dans la relation. Ce que nous dit l’Écriture de Dieu nous révèle ce que nous sommes, et encore plus ce que nous sommes appelés à devenir. Saint Paul nous le dit aujourd’hui comme il le disait aux Corinthiens : c’est parce que Dieu est relation d’amour et de paix que nous sommes invités à vivre entre nous dans l’amitié et la paix.


Père Théo. BAYE !

 

 

par Théophile Baye
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Vendredi 9 mai 2008

"La paix soit avec vous !"

 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 19-23 

Vieux comme le monde

La fête de la Pentecôte, c'est une fête vieille comme le monde. Elle date de plusieurs dizaines de siècles avant Jésus, avant le peuple hébreu. Au point de départ, c'est simplement la fête de la moisson. Au moment de la Pentecôte, on vient offrir la première gerbe à la divinité. Le peuple hébreu a hérité de cette tradition. Il offre chaque année la première gerbe de la récolte de blé à Yahweh. Mais en même temps, il va donner à cette fête une autre signification il va dire qu'elle lui rappelle un souvenir historique. A la Pentecôte ; cinquante jours après la Pâque, il va commémorer le jour où Dieu a donné sa Loi à son peuple sur le mont Sinaï, le jour où s'est conclue une alliance entre Dieu et le peuple hébreu, le jour où ce peuple a été constitué comme le Peuple de Dieu. C'est un peuple nouveau qui s'est constitué ce jour-là, et on va faire une grande fête, le jour de la Pentecôte.

Le nouveau peuple de Dieu

Ce n'est pas pour rien que Luc situe la venue de l'Esprit-Saint le jour de la Pentecôte. Il veut nous dire, en faisant référence à la constitution de l'ancien peuple de Dieu, que le nouveau peuple de Dieu est né de l'Esprit, un matin de Pentecôte, à Jérusalem. Mais je ne sais pas si vous avez remarqué que nous venons de lire deux textes, l'un des Actes, l'autre de l'Évangile de saint Jean, qui situent la venue de l'Esprit à des moments différents. Pour les Actes, l'événement a eu lieu le jour de la Pentecôte, alors que saint Jean situe le même événement le soir de Pâques. Cela ne doit pas nous étonner : on trouve dans les textes la relation d'un grand nombre de venues de l'Esprit-Saint, sur les apôtres, sur un groupe de disciples, et même sur des païens : alors que Pierre parle de Jésus au centurion Cornélius, qui est un brave païen, et à sa famille, l'Esprit vient sur eux, bien qu'ils ne soient encore pas baptisés. L'Esprit est libre, et c'est ce que veut dire Luc dans le récit des Actes. Il situe la venue de l'Esprit le jour de la Pentecôte parce qu'il veut faire référence à la création du nouveau peuple de Dieu, alors que Jean situe le même événement au soir du " premier jour de la semaine ", parce qu'il veut évoquer une nouvelle création du monde.

Du concret !

Pour bien comprendre qui est l'Esprit-Saint - et nous pouvons déplorer qu'il soit toujours le grand méconnu - il faut d'abord se rappeler une chose : dans les langues sémitiques, chez les Hébreux comme chez les Arabes aujourd'hui, il n'y a pratiquement pas de mots abstraits. L'esprit, cela n'existe pas. Pour dire l'esprit, on emploie des mots concrets. On va employer deux mots pour désigner l'esprit. On va dire, d'abord, le vent, et ensuite, le souffle, la respiration, donc la vie. Rappelez-vous, au chapitre 2 de la Genèse, quand Dieu crée l'homme en le modelant avec de la terre : la Bible nous raconte que, pour donner vie à cette statue, Dieu a soufflé dans ses narines. C'est ainsi qu'il lui a communiqué la vie, sa vie. L'Esprit donne la vie, l'Esprit est la vie même de Dieu. On retrouve cela tout au long de la Bible. Dans le livre de l'Exode par exemple, quand on raconte la sortie d'Égypte, et que le peuple arrive devant la Mer Rouge, on nous dit que Dieu envoya son souffle - un vent d'Est - pour faire refluer les eaux de la mer. C'est le souffle de Dieu qui, non seulement donne la vie, mais permet la libération de l'homme. Prenons un autre exemple, pour vous dire comment ce langage biblique est concret. Au moment du déluge, quand l'arche de Noé flotte sur les eaux, Dieu envoie son souffle, et les eaux baissent, jusqu'à ce qu'on retrouve la terre ferme. C'est l'esprit de Dieu, le souffle, la respiration, la vie de Dieu, qui sauve, qui libère, qui recrée ce nouveau peuple, à partir de Noé et de sa famille, après la catastrophe. On retrouve déjà cela à la première page de la Bible, où l'on nous dit que " la terre était informe et vide et que l'esprit (le souffle) de Dieu planait sur les eaux " pour séparer les mers de la terre ferme et permettre ainsi à la vie d'apparaître sur la terre.

L'Esprit à l'œuvre

Toutes ces images, dans ce langage très concret, veulent nous dire une seule chose : l'Esprit de Dieu, la vie de Dieu, est ce qui permet à l'univers, au cosmos, d'exister. La matière elle-même n'existe que créée par l'Esprit. Il " remplit l'univers ". Donc, également, il travaille au cœur de l'humanité pour lui donner vie, la constituer en peuple uni, la libérer. Mais voilà ! Chez les hommes, il y a la liberté. Et nous ne sommes pas guidés, conduits, comme des marionnettes. L'homme est libre. Il y a en lui, comme dans toute l'humanité, depuis le début, une immense aspiration à se libérer de toutes les contraintes, de tous les déterminismes, de toutes les forces de la nature qui empêchent l'homme d'exister et de réussir sa vie. Nous, on ne le sait pas assez, car nous vivons dans des civilisations où l'on a aménagé toutes les sécurités possibles ; mais il faut nous rappeler toute la lutte des hommes contre les " éléments du monde " (Saint Paul), contre la nature déchaînée (encore aujourd'hui, il suffit d'une tornade pour faire des centaines de milliers de victimes.) Ce faisant, l'homme est animé par l'Esprit. Mais il n'y a pas que les éléments qu'il a réussi à maîtriser. Il lui a fallu - et il lui faut encore - se battre contre toutes les forces qui empêchent l'humanité d'arriver au bonheur : la guerre, la violence, l'injustice, bref, le péché. Là, l'Esprit est à l'œuvre. Pas seulement dans l'Église. Il n'est pas limité par des structures. Il n'est pas limité par le sacrement du baptême ou de la confirmation. Il agit dans le cœur et dans l'esprit de tous les hommes de bonne volonté, de tous ceux qui ne refusent pas son action vitale et libératrice. Simplement, pour les baptisés-confirmés, il y a un " plus " : ils peuvent le " nommer ", le reconnaître à l'œuvre, en eux et dans le monde. Et s'ils le reconnaissent, ils peuvent travailler avec lui à toutes les œuvres de progrès, de réussite. Là, nous savons qu'il agit, qu'il travaille.

D'où, pour nous, une seule nécessité, un seul besoin : vivre de l'Esprit. Et je crois profondément qu'il est, hélas, le grand méconnu. On dit Dieu, un Dieu vague, impersonnel. Mais Dieu, c'est la vie. Dieu, c'est la puissance de libération pour l'humanité tout entière. Comment travailler avec lui ? Comment le reconnaître ? Simplement en le priant. Pas seulement le jour de la Pentecôte, mais tous les jours de notre vie. Alors, nous verrons qu'il " renouvelle la face de la terre. "

Père Théo. BAYE !

 



par Théophile Baye
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Samedi 3 mai 2008


"J'ai fait connaître ton nom"

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17, 1-11

Une bonne retraite !

Au matin de l'Ascension, avant de quitter ses amis, Jésus leur donne une dernière consigne : "Allez, annoncez la Bonne Nouvelle à Jérusalem, en Judée, en Samarie, et jusqu'au bout du monde." Or, que font les apôtres ? Ils vont s'enfermer dans la chambre haute, au Cénacle, là où ils avaient pris le dernier repas avec Jésus avant son arrestation. Il faut reconnaître qu'ils avaient besoin de cette retraite de dix jours dans l'attente de l'Esprit que Jésus leur avait promis. Ils en avaient besoin, pour se redire entre eux tous les faits et gestes du Christ. Ils en avaient besoin surtout, je crois, pour "digérer" ces paroles lourdes de sens : nous venons d'en entendre une partie, dans l'évangile d'aujourd'hui. Un extrait de son "testament". Je ne sais pas comment, ce matin, vous les avez reçues. Peut-être d'une oreille distraite, ou peut-être, cherchant à leur prêter attention, en vous disant que ce discours passait au-dessus de nos têtes. C'est évident : elles sont tellement chargées de sens qu'il faudrait du temps pour "déguster" chacune de ces phrases. En tout cas, je pense que c'est cela qu'ils ont fait, dans l'attente de l'Esprit Saint, jusqu'au jour de la Pentecôte. Et nous aussi, ce matin, nous sommes comme les apôtres. Et si nous prenons maintenant quelques minutes pour laisser entrer en nous l'une ou l'autre de ces paroles, ce n'est pas du temps perdu.

Dénigrer... ?

Nous allons simplement évoquer ce mot de Jésus, qui revient sans cesse dans ce passage : le mot "glorifier". Jésus demande à son Père de "le glorifier comme lui-même l'a glorifié." Qu'est-ce que cela veut dire ? Je crois que, dans l'esprit du Christ, le mot "glorifier", c'est le contraire de ce qu'on pourrait appeler le dénigrement. Dénigrer quelqu'un, c'est dire du mal de lui, d'une manière fausse, c'est le calomnier, pour lui faire du mal. Il y a eu dénigrement, au point de départ, dans l'histoire de l'humanité. C'est ce que raconte le chapitre 3 de la Genèse : l'histoire, la fable du serpent qui parle, de l'homme, de la femme, de l'arbre au milieu du jardin et du fruit qu'il est interdit de manger. Vous connaissez tous cette histoire. Elle nous dit quelque chose de très important : au début du monde, l'esprit du mal est entré dans l'esprit des hommes pour calomnier Dieu. Il leur a présenté Dieu comme celui qui est un Dieu jaloux, un Dieu pervers, qui ne veut pas le bonheur des hommes, qui veut les maintenir dans un certain infantilisme. Et le serpent offre la connaissance vraie de Dieu : il suffit pour cela de "manger du fruit défendu", c'est-à-dire se faire soi-même dieu.

Ou glorifier ?

Cette image de Dieu, nous l'avons tous dans nos têtes. Nous sommes tous l'homme et la femme de ce récit. Nous sommes marqués par cet esprit du mal. Et il nous arrive à nous aussi de dire Dieu, de penser Dieu comme un Dieu qui punit, qui surveille, un Dieu jaloux de la liberté de l'homme. Or Jésus vient pour, nous dit-il, "glorifier le Père", c'est-à-dire nous restituer la seule image vraie de Dieu. Il dit : c'est moi, la seule image de Dieu. Regardez-moi : j'ai glorifié le Père. Par ma vie et par ma mort, j'ai glorifié le Père. Dieu n'est pas celui que vous croyez. Dieu, c'est l'Amour. Et Dieu - cela va même jusque là - il "se tue" à vous dire qu'il est amour. Et c'est tout le sens de la Passion : Dieu qui se tue à montrer son amour en donnant sa vie.

Le temps du désir !

Le Christ ajoute : Mes disciples connaissent Dieu comme ils me connaissent. Réfléchissons un instant : nous sommes les disciples de Jésus. Quelle connaissance avons-nous du Dieu de Jésus-Christ à travers l'image qu'il nous en donne ? Certes, nous avons la connaissance que nous avons acquise au catéchisme. Cela ne va pas très loin, mais c'est important. Nous avons un autre moyen de connaissance : la lecture de l'Evangile. C'est vrai. Mais, vous le savez bien, il faut, pour connaître une personne, dépasser toute connaissance livresque. On n'apprend pas à connaître une personne à travers un livre. Au point de départ de la connaissance d'une personne, il y aura toujours un désir. le désir de la rencontrer, de la fréquenter. Si elle ne m'intéresse pas, je n'aurai pas le désir de la connaître. Ce sera mon voisin, mon camarade de classe, mais un inconnu pour moi. Pour apprendre à la connaître, il faut, au point de départ, le désir de l'autre. Et tout cela, vous comprenez, ne peut pas se faire par des livres. Cela ne peut même pas se faire par des sermons. La fréquentation d'une personne, c'est à longueur de vie qu'elle se fait plus vraie, plus profonde. Un homme et une femme qui s'aiment, c'est toute leur existence qu'ils apprennent à se découvrir. Eh bien, c'est comme cela avec Dieu. C'est tout au long de notre existence que nous allons le fréquenter, être proches de lui, à la messe chaque dimanche, par la communion, dans la prière. C'est là surtout, dans ce dialogue incessant entre Dieu et moi, que j'arriverai à entrer dans son intimité. Parce qu'il me parle. Je peux l'entendre et lui répondre. Lui parler de ma vie, de la vie du monde, confrontées à cette Parole qu'il m'adresse.

Des fréquentations.

Vous voyez dans quel sens je peux apprendre à le connaître. Et la connaissance que j'aurai de Dieu va se refléter dans ma vie. Parce que dans cette fréquentation va jouer un phénomène de mimétisme : je vais Lui ressembler. C'est frappant de voir comment des gens qui se sont fréquentés longtemps arrivent à se ressembler, même parfois physiquement. Celui qui aime épouse les manières d'être de l'autre, tant son admiration est grande pour cette personne. J'ai rencontré des jeunes qui avaient, inconsciemment, copié l'écriture d'un adulte qu'ils admiraient. De même, par notre fréquentation du Christ, nous en arriverons à ressembler au Dieu dont il est l'image visible. Tu ne peux pas dire que tu es son disciple si tu as de la haine pour quelqu'un. Tu ne peux pas dire que tu aimes le Christ si tu méprises les hommes. Tu ne peux pas dire que tu fréquentes le Dieu de Jésus-Christ si tu te venges, si tu ne sais pas pardonner.

Je le redis une fois de plus : nos contemporains n'ont pas d'autre manière de connaître Dieu que de regarder les chrétiens. C'était déjà le sens de la réflexion d'un des premiers Pères de l'Eglise, Irénée, évêque de Lyon, martyr au IIe siècle. C'est lui qui a écrit : "La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est la gloire de Dieu." Frères, soyons la "gloire", c'est-à-dire la manifestation du Dieu d'Amour.

Père Théo. BAYE !

 

par Théophile Baye
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Vendredi 25 avril 2008

"Vous, vous le connaissez,"

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 15-21

Un testament

 

Ce qu'on appelle le "Discours après la Cène", ce sont les chapitres 14 à 17 de l'Evangile de Saint Jean. L'évangéliste y a ramassé, condensé toute une série d'enseignements de Jésus, enseignements qu'il avait donnés un peu avant son départ. C'est comme le testament de Jésus. Et, vous le savez, quand quelqu'un fait son testament, il essaie d'y mettre tout ce qu'il a de plus précieux dans sa vie, dans ce qui fait son existence. Jésus, lui aussi, avant de quitter visiblement cette terre, nous a laissé, à chacun de nous, ce testament, ces paroles si précieuses. Des phrases très condensées, où tout compte.

Qu'est-ce qu'il nous dit, aujourd'hui, dans ce court extrait de son testament ? Au début et à la fin de ce passage, il nous dit : "M'aimer, moi Jésus, cela veut dire obéir aux commandements." On peut inverser la formule, et, d'ailleurs, Jésus lui-même l'inverse. Il ajoute : "Obéir aux commandements, c'est m'aimer. M'aimer, moi. Celui qui aime garde mes commandements. Celui qui garde mes commandements vit dans l'amour. Il vit en moi."

Dans cet extrait du testament, il nous dit une deuxième chose : "Je vous donne mon esprit." Et, je ne sais pas si vous l'avez remarqué à l'audition de ce passage, l'une des œuvres de l'Esprit, le signe de l'efficacité de l'Esprit de Jésus en nous sera manifesté par une chose qui revient sans cesse dans ce texte : "Vous me verrez vivant." Plusieurs fois revient le mot "voir". Or, il se trouve que non seulement les enfants, mais nous aussi les adultes, nous pensons bien souvent qu'il nous serait plus facile de croire si nous pouvions voir. Or, Jésus insiste plusieurs fois dans ce texte : si vous êtes remplis de l'Esprit, si vous êtes capables de laisser l'Esprit vous transformer, vous me verrez vivant. Le monde est incapable de me voir. Mais vous, croyants, vous pouvez me voir." Qu'est-ce que cela veut dire ?

Voir Jésus vivant

Je pense qu'il ne s'agit pas de voir avec nos yeux de chair. Ce serait trop simpliste : il n'y aurait pas besoin de foi. D'ailleurs, je vous le dis souvent : pour croire, il ne faut pas voir, sinon c'est une évidence. Ce n'est plus la foi. Mais qu'est-ce que c'est que cette vision intérieure ? Qu'est-ce qui fait qu'on peut dire du croyant qu'il vit "comme s'il voyait l'invisible" ? C'est de cela que parle Jésus : entrer, grâce à l'influence de l'Esprit, dans une telle intimité avec Jésus que l'on puisse voir, de toute évidence, la présence agissante du Christ dans notre vie personnelle et dans la vie de notre monde.

Il y en a un bel exemple, je crois, dans le récit des Actes des Apôtres que nous entendions tout à l'heure : le récit du travail missionnaire de Philippe en Samarie. Qu'est-ce qui s'est passé ? Une persécution. La première persécution contre les disciples de Jésus, après sa mort et sa résurrection. Ça se passe à Jérusalem, où l'on commence à remarquer le petit groupe des frères. Parmi eux, un nommé Etienne, qui s'efforce de convaincre les Juifs que toute la Bible ne prend sens qu'en la personne de Jésus. Les Juifs ne veulent pas en entendre parler. Etienne, c'est un intellectuel. Ses interlocuteurs sont incapables de répondre à ses arguments. Le Sanhédrin le condamne et Etienne est lapidé. Immédiatement, nous dit le livre des Actes, la persécution se déchaîne. Raisonnablement parlant, humainement parlant, on pourrait pronostiquer la fin de cette petite secte de gens qui croient en un homme, Jésus, qui est redevenu vivant après être passé par la mort. Et c'est bien cela, le projet des autorités juives : exterminer ces gens-là, ces quelques centaines d'empêcheurs de tourner en rond. Ensuite, on n'en parlera plus. Or, les Apôtres, guidés par l'Esprit, disent immédiatement à ces frères de Jérusalem : "Allez-vous-en ! Sauvez-vous devant la tempête." Et voilà que les chrétiens vont se disséminer à travers toute la Palestine, et l'on retrouvera, quelques mois plus tard, des petites communautés de disciples dans toutes les petites villes, dans les villages, sur le bord de la mer, à Jaffa, à Césarée, en Samarie même (c'est là que se rend Philippe). On en retrouvera même à Damas, en Syrie.

On a cherché à détruire cette petite secte. Quel est le résultat ? Le christianisme s'est amplifié, s'est répandu à travers tout le pays. Bientôt même, il va germer en territoire païen. Vous voyez l'œuvre de l'Esprit ! C'est ce qui met en mouvement. C'est ce qui permet à des hommes de ne pas rester installés, de ne pas s'encroûter.

Nous, gens des vieilles chrétientés

Et je me dis parfois : nous autres, gens des vieilles chrétientés, est-ce que nous ne risquons pas aujourd'hui de dépérir, en attendant de mourir de notre "belle" mort. Il n'y a plus de persécutions, pour nous, bien sûr. C'est même bien porté d'être chrétien. Mais chrétiens installés. Chrétiens qui ne font pas trop de bruit, pas trop de vagues. Nous qui sommes ici ce matin, nous avons tous reçu un jour cet Esprit de Pentecôte qui s'est manifesté la première fois sous la forme d'un vent violent, qui ouvrait les fenêtres. Nous l'avons tous reçu. Qu'est-ce que nous en faisons ? Sommes-nous de ces gens en mouvement, capables de porter cet Esprit de liberté, de vérité, d'initiative, qui nous fera toucher du doigt l'action, la présence souterraine, aujourd'hui, du Christ vivant parmi nous, dans notre monde. Est-ce qu'au contraire, ayant évacué l'Esprit de notre vie, nous n'avons pas sombré dans la routine et la désespérance ? Est-ce que nous ne sommes pas des chrétiens installés, c'est-à-dire des gens qui ne sont plus levain dans la pâte ? Je ne voudrais pas être pessimiste. Je voudrais simplement regarder ce qu'est notre communauté d'aujourd'hui, ici, dans notre quartier. Ne pas m'adresser, ne pas nous adresser des témoignages d'autosatisfaction. Mais bien, au contraire, prier l'Esprit qui soufflait sur Philippe, sur les Samaritains, sur la jeune Église, il y a deux mille ans, l'Esprit qui est vivant et à l'œuvre aujourd'hui, pour qu'il anime nos communautés. Frères, je crois que nous ne prions pas assez l'Esprit.

Je me souviens, en disant cela, d'une scène qui s'est passée ici, il y a quelques mois. A la messe, il y avait un étranger, qui s'est présenté à moi à la fin de l'office et qui m'a dit : "Vous savez, moi, je viens d’autre quartier et je suis de l'Église de Pentecôte. Mais comme aujourd'hui je n'ai pas de moyens de transport et que je ne peux pas aller prier avec mes frères, eh bien, je viens prier avec vous." Et je crois qu'il avait envie de secouer un peu notre poussière. Il s'adressait, en sortant, aux gens qui étaient là et leur disait : "Mais, il faut prier. Il faut prier l'Esprit." Et je me suis dit : Ah, si nous avions simplement un peu de cette spontanéité qui nous ferait détruire, démolir tous nos respects humains, je suis certain que notre communauté serait plus vivante, que chacun de nous serait davantage témoin du Christ vivant, parce qu'il le verrait à l'œuvre aujourd'hui, chez nous.

Père Théo. BAYE !

 

 

 

 

par Théophile Baye
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Dimanche 20 avril 2008

"C'est le Père qui demeure en moi

"

 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 1-12

Une route pour la vie ?

 

C'est une parole importante que le Christ nous adresse aujourd'hui. Elle rejoint en effet les préoccupations des hommes de notre époque. Plus qu'à aucune autre époque, les hommes (du moins une partie de l'humanité) pensent vivre sans Dieu, sans même que l'idée de Dieu ne les effleure. Beaucoup de philosophes, et parmi les plus importants de notre temps, ont critiqué cette idée de Dieu, ont démoli, si l'on peut dire, toute espèce de foi, qu'elle soit chrétienne ou non. Et en même temps, on sent chez beaucoup de gens, en particulier dans les jeunes générations, tout un désir, même si l'on est débarrassé de toute foi, un désir de trouver un sens, une orientation, une route pour la vie. Cela se manifeste de multiples façons : depuis ceux qui vont chercher auprès de je ne sais quel gourou, quel penseur, initiateur à une sagesse orientale, ou dans une secte quelconque, ou même dans des paradis artificiels, un sens, une valeur, une raison pour leur propre vie. Il y a quelques jours, je recevais un jeune. Il est arrivé chez moi en pleurant. Il disait : "J'en ai marre, j'en ai assez de la vie." On ne pouvait pas le consoler. Je lui ai demandé : "Mais qu'est-ce que tu attends de moi ?" Il m'a répondu : "Une seule chose : que vous priez pour moi, car moi, je suis incapable de prier." Et je vous confie cette intention de prière. Eh bien, lui aussi cherchait un sens, une orientation, une route pour sa vie. Un jeune de vingt ans ! Je me demande si nous, qui accueillons aujourd'hui cette parole de Jésus, nous ne pouvons pas la retransmettre. Non par des discours, mais par toute notre vie.

Fausses images de Dieu

Qu'est-ce que nous dit Jésus ? "Qui me voit, voit le Père." Saint Paul écrira : "Jésus est l'image visible du Dieu invisible." Je vous ai souvent expliqué que tout un courant de la pensée humaine a consisté à se fabriquer des images de la divinité. Nous-mêmes, après vingt siècles de christianisme, nous en avons encore plein la tête, de ces images de dieux inventés par les hommes. Je n'en prends qu'une, au hasard : un dieu qui "tire les ficelles", un dieu montreur de marionnettes. Je me casse une jambe, c'est la faute au "Bon Dieu". Je gagne à la loterie : merci mon Dieu ! Je caricature à peine. Réfléchissez honnêtement : nous l'avons tous dans la tête, cette image-là : "Qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour qu'il m'arrive telle ou telle chose ?" Qui n'a pas pensé cela ? Qui ne l'a pas dit ? Eh bien, c'est une image typiquement païenne, que nous avons dans la tête. Toutes les religions l'ont cultivée. Mais justement, nous, les chrétiens, gens d'une religion révélée, la seule image de Dieu que nous ayons, c'est une image donnée par Dieu lui-même. Jésus nous dit : Cette image, ce ne sont pas des paroles. Vous n'avez qu'à me regarder vivre. Donc, essayez, en regardant vivre Jésus, à travers l'Evangile, essayez d'éliminer progressivement toutes les fausses images de Dieu dans votre esprit : un Dieu-justicier, un Dieu-surveillant, un Dieu-dépanneur, etc., toutes ces fausses images qui sont des images païennes et qui tombent à juste titre sous la critique des philosophes modernes. Voltaire disait déjà : "Dieu a fait l'homme à son image, mais l'homme le lui a bien rendu." Ce qui ne l'a pas empêché, lui aussi, de se fabriquer de fausses images de Dieu, puisqu'il s'imaginait l'univers comme une magnifique horloge, et Dieu comme le génial horloger qui fait tout fonctionner. Encore une fausse image de Dieu qui, hélas, hante nos esprits. Non, il n'y a qu'une image de Dieu : c'est Jésus-Christ.

Un Dieu tout proche

Tous, nous avons envie de connaître Dieu. Depuis les tout-petits enfants qui, tant de fois, m'ont dit : "Si au moins une fois, je le voyais, après, je croirais." En cela, ils sont comme Philippe qui dit à Jésus : "Montre-nous le Père et cela nous suffit." Bien sûr, ce désir de le voir, de le connaître, il est en chacun de nous. Jésus nous répond : Mais c'est simple. Tu veux connaître Dieu ? Tu veux connaître son visage ? Regarde-moi. Pour cela, ouvre le Livre. Et tu vas connaître, tu vas voir agir et parler un Dieu différent de tous les dieux imaginés par les hommes. Tu ne vas pas voir un Dieu "là-haut", ni "Celui qui règne dans les cieux", comme disait Bossuet. Tu vas voir un Dieu-proche.

Je pense à Cana, par exemple. Ce qui m'émeut le plus dans la vie publique de Jésus, c'est qu'il ait commencé en allant à la noce. Et la noce, ça durait des jours et des jours, là-bas, en Galilée. Dites, il n'avait donc rien d'autre à faire ? Jésus a estimé, au contraire, que cela, c'était l'essentiel : montrer pour commencer l'image d'un Dieu-proche, d'un Dieu qui prend part à la joie des hommes et qui veut montrer par sa présence que tout ce qui est humain, les joies comme les peines, les souffrances et la mort, cela lui importe. Dieu, c'est celui qui chante avec ceux qui chantent, mais aussi celui qui pleure avec ceux qui pleurent. C'est celui qui pleure la mort de ses amis. C'est celui qui, à Naïm, met la main sur l'épaule de la pauvre veuve qui vient de perdre son fils et qui lui dit : "Ne pleure plus." Dieu, c'est celui qui, par amour pour les hommes, va tout donner.

Eh bien, si je regarde l'évangile, je ne pourrai plus être le même. Parce que cette image visible de Dieu sur la terre est contagieuse. Je vais me mettre à la reproduire. Participer. Ne pas demeurer spectateur de la vie de Jésus. Nos contemporains ne seront capables de retrouver le sens du Dieu de Jésus Christ que si chacun de nous personnellement, et nous tous collectivement, nous cherchons à devenir l'image visible, pour notre temps, de ce Dieu tout proche des hommes. Nous sommes le Corps du Christ, ne l'oublions pas. Cela veut dire que nous ne pourrons jamais nous retirer des affaires du monde. Et de même que le Christ était très proche des soucis, des préoccupations, des joies et des peines de ses contemporains, les chrétiens d'aujourd'hui, et les communautés chrétiennes, doivent reprendre à leur compte toutes ces aspirations, tous ces soucis, tous ces espoirs des hommes de notre temps. Pour manifester par leur foi une certaine assurance dans la vie, une certaine espérance dans l'avenir, une certaine joie, parce que le Christ est ressuscité. Une volonté de réconciliation et de paix entre les hommes.

On nous regarde, dans notre quartier, dans notre milieu de travail, à l'école. On dit parfois, hélas : Il est chrétien, celui-là ? Cela ne se voit pas tellement ! Et notre communauté chrétienne, que représente-t-elle, ici, dans notre quartier ? Des hommes qui vivent une certaine fraternité, oui ou non ? Des hommes qui vivent dans le souci de la paix, de la justice, oui ou non ? Des hommes qui se sentent amis de tout ce qui vit au monde, oui ou non ?

Frères, "vous êtes le corps du Christ." Images visibles du Dieu invisible. Notre responsabilité est grande. Que nos paroles, nos comportements, notre vie deviennent un reflet fidèle, une image authentique du Dieu Vivant.

Père Théo. BAYE !

 

 

 

par Théophile Baye
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